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Plus clair, plus foncé, plus terne

Pour éclaircir, on ajoute du blanc. Pour foncer, du noir. Pour ternir, du gris. C’est ce qu’on fait d’instinct, et ce n’est vrai qu’à moitié : le blanc et le noir font bien plus que cela.

Le blanc refroidit et rend crayeux

Le blanc éclaircit, bien sûr, mais il change aussi la couleur. Un rouge additionné de blanc ne devient pas « rouge clair » : il devient rose , plus froid, un peu poudreux. Avec beaucoup de blanc, les couleurs perdent leur éclat : elles deviennent crayeuses.

Les tubes très sombres font exception aux premières pointes de blanc : un peu de blanc révèle l’éclat caché d’un bleu phtalo ou d’un magenta. C’est en ajoutant beaucoup de blanc qu’ils pâlissent à leur tour.

Rouge + blanc

Le rouge de cadmium, de plus en plus coupé de blanc.

Touchez les cases : le rouge ne devient pas « rouge clair », mais rose, plus froid et crayeux.

Pour éclaircir sans refroidir, deux astuces : ajoutez une pointe de jaune avec le blanc, ou éclaircissez avec un tube plus clair de la même famille (un jaune dans un orange, par exemple) plutôt qu’avec du blanc seul.

Le noir ternit et change la teinte

Le noir fonce, mais il ternit aussi, et il décale certaines couleurs. Le cas le plus frappant : le jaune et le noir donnent du vert olive . Le rouge et le noir donnent un brun bordeaux plutôt qu’un « rouge foncé ».

Jaune + noir

Le jaune Hansa, de plus en plus foncé avec du noir.

Touchez les cases : le jaune ne devient pas « jaune foncé », il vire au vert olive.

Le noir n’est pas interdit pour autant : il est très utile pour les verts olive et les gris. Mais pour foncer une couleur sans changer sa teinte, il y a souvent mieux.

Ternir avec la couleur complémentaire

Chaque couleur a sa complémentaire, la couleur d’en face sur le cercle chromatique des peintres : le bleu et l’orange, le rouge et le vert, le jaune et le violet. Une pointe de la complémentaire calme une couleur trop vive, souvent la fonce un peu, et la laisse reconnaissable. Avec de la terre de Sienne brûlée, qui est un orange sombre, un bleu criard devient un bleu-gris qui garde sa teinte .

Ternir un bleu

Un bleu clair (1 part de bleu phtalo pour 6 de blanc), terni de deux façons, jusqu’à la même valeur.

Avec du noir

Bleu de départ
+ une petite pointe de noir

Valeur 5 : le noir fonce le bleu, mais il le décale aussi vers le violet. Ce n’est plus tout à fait le même bleu.

Avec sa complémentaire

Bleu de départ
+ 3 parts de terre de Sienne brûlée

Valeur 5 : la terre de Sienne brûlée, orangée, est en face du bleu. Elle le calme davantage, mais il garde sa teinte : c’est le même bleu, en plus gris.

Dosez petit à petit. Trop de complémentaire, et la couleur devient grise ; encore plus, et elle passe de l’autre côté : un bleu finit par tirer vers l’orange. Bien dosée, elle donne les gris colorés qui font vivre un tableau, bien plus riches qu’un mélange de blanc et de noir.

Pour foncer, le noir en dernier

Pour foncer une couleur, essayez dans cet ordre :

  1. un tube voisin plus foncé (de l’outremer dans un bleu, un rouge plus profond dans un rouge) ;
  2. une pointe de la complémentaire ;
  3. le noir, en dernier et en petite quantité.

À retenir

  • Le blanc éclaircit, mais il refroidit aussi la couleur et la rend crayeuse.
  • Le noir fonce, mais il ternit aussi, et il change parfois la teinte : le jaune vire au vert olive.
  • Une pointe de complémentaire ternit une couleur et la fonce un peu, en gardant à peu près sa teinte.
  • Pour foncer, essayez d’abord un tube voisin plus foncé, puis la complémentaire, et le noir en dernier.

Pour aller plus loin

À vous

Obtenez ce vert olive avec du jaune et du noir.

Votre mélange de départ est un jaune clair. Le noir ne fait pas que foncer : il verdit le jaune.

Faire l’exercice